Prolégomènes

(pour ne pas dire introduction)

 

Je suis dans la place. Hop. Désormais, vous aurez à lire la moindre de mes aventures. Tout ce qui m’arrive, tout. De la relation avec ma boulangère et ses grosses miches, à celle d’avec mon poissonnier. On s’en fiche ! C’est EXOTIQUE. Je suis à l’autre bout du monde. Ah !

 

 

Mes 90 kg de bagages et moi-même arrivâmes par une belle soirée d’un mardi 2 avril de l’an 2013 après J.-C. (je l’ai manqué de peu)

 

J’étais frais comme un gardon au sortir de ce voyage de quelques 29h30, durant lesquelles j’optais pour une stratégie de peu de sommeil, dans le but d’être capable de dormir en arrivant de nuit à H+9. Stratégie couronnée d’un succès parfaitement mitigé. Voici deux semaines que je suis fracassé.

 

Assaut d’humidité ambiante à la sortie de l’avion è taxi è hôtel è dodo vite faf è premier jour de taf. Un vrai zombi. Autant dire que je n’ai pas bougé le petit doigt de cette journée. L’index non plus d’ailleurs.

Après cette forte impression auprès de mes futurs collaborateurs, une âme charitable m’a conduit jusqu’à l’appartement que l’AFD a la délicatesse de louer pour mon compte.

 

Bazar d’appart ! Grand, propre, meublé, fourni, tip, top. En plein centre, juste à côté de la place des Cocotiers. Pour les non connaisseurs du coin, c’est une place, avec des cocotiers. Aux alentours se trouve ce qui peut se trouver dans un centre-ville, plus un quartier chinois. Mégagiga pratique.

D’autant que l’agence AFD de Nouméa a la bonne idée d’être située à cinq minutes à pattes de là.

 

Par contre, le soir ou le dimanche, c’est invraisemblablement calme.  Sans exagération aucune quant à l’utilisation de ce superlatif. Il n’y a alors plus un chat. Peut-être deux/ trois kanaks. En revanche je n’ai toujours pas vu de chat.

Les choses se passent dans les baies et les plages plus au sud.  Je ne manquerai pas d’y faire des tours et de vous conter la nightlife nouméenne, dès lors que je serai débarrassé  de l’exécrable habitude de m’endormir à 18h30. 18h30 ! (c’est moins pire ces derniers temps)

 

Jusqu’au jour d’aujourd’hui, ce décalage, auquel s’ajoute un travail un poil intensif  – qui, surtout, débute à 7h30. 7h30 ! – ont occupé le plus clair de mes journées.  Le reste de clarté est utilisé pour parer aux démarches administratives inhérentes au démarrage d’une vie.

Rien encore de trop flibadour, donc. Ca ne saurait tarder.  Tiens, hier par exemple, j’ai changé le micro-onde de place. Hé.

 

 

Les internets, c’est lent.

Incroyhorrifiant.

 

Cela compte pour beaucoup dans mon absence de niouze jusqu’à présent.

 

Que j’explique rapidos : les télécommunications sont le monopole d’un organisme public : l’OPT.

Pensez très fort à tous les griefs que vous pouvez avoir envers, mettons, la SNCF. Bien. Multipliez par 10 000.

On obtient le royaume de la paperasserie, de la lenteur et des tarifs prohibitifs. Le genre d’administration qui a pu donner à des gens comme Hayek les meilleures raisons au monde d’inventer le néolibéralisme.

 

D’une manière générale, le fantasme de l’expat dans un pays à niveau de vie dix fois inférieur est ici bien en berne : la question est plutôt de savoir si un salaire français me permettra de survivre décemment dans ce Monaco insulaire. Le coût de la vie local bat par exemple celui parisien à plate couture.

 

 

L’AFD, c’est coulosse.

 

Mis à part que l’on commence décidément trop tôt.

 

Je raconterai une autre fois ce que je fais de mes journées là-bas (vous aurez le droit à du palmier entretemps).

Les collègues sont à la cool et assez jeunes, bien que je sois le benjamin. Forte représentativité de zouzes. On discute parfois caca le midi, alors ça va. Il s’agit de toujours rester conscient d’un risque de glissement vers une conversation à base de gamins en bas âge, nettement moins funky.

Cette présentation, même superficielle, ne saurait être complète sans évoquer Marie-Christine : indonésienne de son état, trente ans de service derrière elle, de type maman de l’agence, laquelle apporte à peu presque un gâteau tous les jours. Juste pour cela j’aurais signé.

 

 

Voilà le cadre posé. Je m’en vais acheter des palmes et un tuba.

Qu’on passe aux choses sérieuses.

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